Photo : Le village de Grandval au coeur de l’essaim sismique ©JeanPierre Fournioux
Ce matin du 22 octobre 2026 de trés bonne heure (4h03), dans un demi sommeil, j’ai perçu un léger grondement accompagné d’une vibration qui a fait craquer la fenêtre ou peut-être une boiserie. Le chat qui dormait à mes côtés s’est dressé à l’écoute d’un danger potentiel comme font les chats puis il est retourné à son sommeil. J’ai interprété l’événement comme un coup de vent qui a fait vibrer la maison. Le bulletin météo de la veille l’annonçait, mais il n’y avait pas de vent à 4 heures. Et voilà que dans les minutes qui suivent l’alarme de l’application « séisme » sonne sur le mobile . Elle indique la survenue d’un tremblement de terre dont l’épicentre se situerait entre Grandval et Thiolières avec une magnitude de 3,6 (séisme confirmé par un analyste).
Petit grondement à nouveau mais trés faible aprés 5 heures …
La consultation du RENASS (site dédié à la sismologie) montre que nous vivons un nouvel essaim de microséismes. Les données du RENASS indiquent une forte concentration des événements du 16 au 22 octobre, avec deux pics : le 17 octobre et la nuit du 21 au 22. Les résultats les plus récents sont toutefois principalement automatiques, donc provisoires et cela n’est pas terminé, il y a eu plusieurs séismes depuis l’extraction des données.

Nous constatons sur le secteur plus de 150 événements depuis le 16 octobre, avec un premier pic de 76 événements le 17, puis 41 le 22 octobre avant 6 h 40 et une magnitude maximale (confirmée) de 3,6.
Les dernières mesures sont issues d’un processus automatique, leur validation par un sismologue permettra surtout de vérifier si chaque détection est conservée et d’affiner ses caractéristiques (notamment la position).
Un secteur déjà concerné en 2024
Les cartes des événements enregistrés du 16 au 20 mai 2024 et au 22 octobre 2026 (6h40) montrent une concentration de séismes dans un même secteur, entre Saint-Amant-Roche-Savine, la Chapelle-Agnon, Thiolières et Le Monestier.
Les deux regroupements se recouvrent en partie. Sur les cartes, le cœur de l’activité de 2026 semble toutefois se situer un peu plus au nord-ouest que celui de 2024. Cette observation reste à confirmer par une comparaison précise des localisations et des profondeurs.

Alors que se passe-t-il?
Depuis le 16 octobre 2026, une série de petites secousses touche le Livradois, peu ou prou entre La chapelle Agnon et Le Monestier. Ce regroupement, appelé « essaim sismique », rappelle celui de mai 2024 : les événements se situent dans une zone très proche, à des profondeurs comparables, autour de 12 km pour les séismes déjà analysés.
L’hypothèse est qu’un même réseau de fractures se remet à bouger par petites secousses. Des mouvements de fluides en profondeur pourraient faciliter ces glissements, mais leur rôle reste à confirmer.
Cette répétition ne permet pas, à elle seule, d’annoncer un séisme plus important ni de conclure à un réveil volcanique. L’évolution de l’essaim et l’analyse des enregistrements permettront de mieux comprendre le phénomène.

